15/05/2008
Du pont à l'arc-en-ciel
La grâce de l'aqueduc du 8 au 12 mai nous a permis de partir, enfin !, présenter le dernier (en date) arrière-petit-fils à son arrière-grand-père auvergnat.
J'avoue être chaque jour surpris par Solal. Prendre l'avion à quatre mois et demi (un bi-turbopropulseur vibrant et chuintant - ATR 42 pour les connaisseurs) n'est pas médicalement contre-indiqué, mais comment allait-il supporter le bruit de l'aéroport, les formalités de sécurité, l'envol, le vol, l'atterrissage, le transbahutage en taxi, ... ?
Réponse : bien. Aucun pleur, aucun cri. Une vague tentative de chouinage quand le commandant de bord l'a réveillé en sursaut pour un communiqué. On va dire qu'il a une personnalité épanouie, et des parents formidables ;-)
Que peuvent se dire un vieil homme de 94 ans et un enfant de 20 semaines ? Solal s'est immédiatement senti à l'aise, malgré la fatigue et l'heure tardive (dix heures passées). L'échange de leurs sourires.
Sur place, mon père et son fils (un demi-frère de 7 ans, ça fait un demi-tonton ?).
Des journées lentes, sans planning particulier, hormis les décisions cruciales sur le menu des repas.
Un barbecue, un déjeuner à l'ombre du grand sapin dans le jardin.
Quelques heures de MarioKart sur la DS de mon petit frère (qui m'a, évidemment, mis en pièces).
La visite heureuse de mon oncle et ma tante, de retour du Sud, le dimanche.
Et dire qu'il a fallu rentrer !
C'était bien. A peine ombré par le sentiment que chacun de ces moments approche la fin plutôt que le début d'un cycle. Ce n'est pas, encore, de l'ordre de la transmission, du passage de témoin.
Une parenthèse de sérénité, peut-être de bonheur, brièvement.
(Je pense aux photos, elles sont encore dans l'appareil.)
11:16 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : voyage, orly, auvergne
14/05/2008
Je HAIS Explorer
Ecrire une note d'une trentaine de lignes.
Cliquer sur "Aperçu".
Et se retrouver sur la page d'accueil de Blogspirit, car Windows a oublié d'afficher la fenêtre d'alerte de fin de session, et Explorer ne permet pas de cliquer sur "page précédente" pour retrouver exactement dans l'état où elle était la... page précédente.
16:16 Publié dans Blogo-sphérique | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
04/05/2008
A long journey, ou tout comme (2)
Copenhague.
Peut-être en accord inconscient avec la campagne alentour, la ville est plate et basse. Quelques tours semblent exulter hors de l'uniformité à six étages, hôtels de luxe avec vue sur l'horizon.
Après quelques heures intenses et décontractées en réunion - le style danois, sûrement : profusion de pauses nourrissantes, powerpoints imprimés, le patron soixantenaire en jean clair et cravate - dans la banque ! -, bureaux clairs en perspective sur un petit lac animé de quelques pêcheurs : totalement hors norme pour le Français travaillant à la Défense ! -, je décline l'invitation d'un taxi partagé et m'éclipse à pied dans le centre-ville.
De ces quelques heures passées, reste l'impression d'un respect urbain, d'une cohabitation tranquille entre voitures, vélos (en très grand nombre !), bus et piétons.
Le Tivoli, immense lieu de récréation - son jardin, son théâtre, son exposition temporaire, ses attractions, point nodal d'une ville au ralenti.
La gare, en réfection, des centaines de vélos le long des flancs, ouvre sur l'horrible immeuble décati de SAS, apogée du non-style des années soixante. De l'autre côté, commence un étrange quartier d'immeubles ternes, tous devenus hôtels, tandis que des femmes, jeunes et âgées, attendent au carrefour le passage du client en voiture.
Tous les voyages du monde ont le sexe tarifé en arrière-cour.
J'ignore pourquoi.
A quatre heures, c'est le rush : sortie des bureaux, un long week-end qui commence. Je comprends mieux ma difficulté à trouver un taxi pour l'aéroport. Eux aussi font le pont.
Retour à l'aéroport.
La foule des grands départs.
Les boutiques duty-free dégorgent de produits chers, certains de luxe. Le Danemark n'est pas bon marché.
A nouveau la carlingue étroite d'un A321.
Le vol se pose à Roissy à 22h.
Onze heures : le taxi me dépose au pied de l'immeuble.
Porte ouverte. Elle. Le chat.
Et Solal qui sort un bref instant du sommeil pour me sourire.
*****
Levé à 4h, couché à minuit.
Une longue journée.
12:10 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, copenhague, paris, roissy
03/05/2008
A long journey, ou tout comme (1)
Paris - Copenhague, et retour.
A cinq heures du matin, la pluie noie la nuit et freine le petit matin. Le taxi se prend pour un surfeur au milieu de l'autoroute A3 : bref moment d'effroi. 'électronique allemande corrige le mauvais réflexe - freiner - du chauffeur, et la route reprend son défilement épileptique : bandes blanches, phares rouges.
Charles-de-Gaulle terminal 1
Le vieux terminal camembert en béton projeté se rhumatise à devoir respecter les nouvelles règles de sécurité. L'élégance initiale des salles d'embarquement en pétales se trouve pénétrée par l'ombilic obscur des scanners, un de chaque côté du satellite, qui transforment ces loges privées en enfilades chitineuses de sas ouverts.
Le Boeing du vol Scandinavian Airlines de sept heures est quasiment vide. Quelques hommes d'affaires, une famille de quatre, jeunes gens et jeunes femmes épars. Une personne d'âge mûr, connue de l'hôtesse.
Vol au-dessus d'un glacier de nuages ridés, vallonnés, rarement percés. Le soleil, le ciel bleu : hors-terre du voyage aérien.
L'avion plonge dans le blanc, la mer gris-vert et son port-container en sillage, quelques fermes, un ou deux clochers.
Copenhague.
19:05 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, copenhague, paris, roissy
22/04/2008
Topographies urbaines
La vie souterraine, avec ses cheminements en clair-obscur, solide mécanisation du voyage, réduit l'éventail des bifurcations au triste choix de l'aller ou du retour.
Le flux des voitures, lui, ne fait qu'abrutir la déclinaison des carrefours en salmigondis de cliquetis mous - le bruit du clignotant.
Comment justifier l'enfermement urbain, quand, à des lieues de là, le terminal aéroportuaire s'ouvre en arc-en-ciel de destinations ; quand le port, la mer, l'océan, appellent un par-delà où chaque route est sienne ?
Et quand mes pas dessinent les cartes que j'arpente.
12:13 Publié dans Expéri-mental , Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage
11/04/2008
Découverte gourmande : Philippe Pascoët, maître chocolatier
Enfin une belle journée parisienne !
Le congé paternité approche de sa conclusion, et nous profitons d'un tendre soleil, température douce, pour harnacher Solal dans le porte-bébé et partir à l'aventure.
La fin de la rue d'Odessa est barrée par les CRS. Tout le carrefour, en fait. Camions à vitres grillagées, policiers en tenue anti-émeute, bouclier au pied. Y aurait-il une manifestation ? (oui, de lycéens...)
Etrange de marcher rue de Rennes sans aucun bruit de voitures. Par habitude, on reste sur les trottoirs, piétons égarés parmi les autres, alors que les quatre voies de circulation sont vides.
Rue Saint-Placide.
Les effluves d'un marchand de chocolat - on ne peut décemment pas appeler cela un chocolatier - nous chatouillent les narines. Nous ne restons que quelques secondes : masses informes de chocolat blanc, noir, aux noisettes, quelques tablettes gigantesques, tout indique la mauvaise qualité et l'attrape-gogo, ce travers typique des boîtes à bouffe qui confondent profusion et dégustation.
Vite, sortir.
Deux ou trois numéros plus loin, une devanture cérusée. L'échoppe est petite, presque vide, à la limite du spartiate. "Philippe Pascoët, maître chocolatier, Genêve, Paris".
La vitrine est sobre : une calebasse, quelques tablettes, arrangées avec goût.
La vendeuse, accueillante et souriante, nous propose de goûter un raisin sec au sauternes entouré de chocolat noir. Incroyablement délicieux !
Ici, pas de noms ésotériques, pas de pétasses au regard méprisant coincées dans leur uniforme de deuil, qui attendent, souveraines de maison close, que le client ose leur adresser une requête ("La carte de fidélité ? Il fallait me la demander avant, monsieur. Je ne peux pas annuler la transaction." - on approchait de Noël, je venais d'en avoir pour plus d'une centaine d'euros...). On est très, très loin, donc, de La maison du chocolat...
Thym, romarin, mangue, passion, menthe, thé, framboise, miel, ... : les chocolats annoncent la couleur - et la saveur. Pendant que la vendeuse nous prépare un coffret (même demande qu'à LMC : "noir uniquement, sans alcool, pas de pralinés, que des ganaches"), elle nous explique l'ouverture récente de la boutique parisienne, que toutes les saveurs ne sont pas présentes, que Ph. Pascoët a été plusieurs fois récompensé en Suisse, ...
Et nous propose, encore !, un chocolat à tester. Je le prends à la réglisse... car je N'AIME PAS la réglisse : un bon crash-test pour savoir si l'arôme écrase le chocolat. Surprise : c'est délicieux, à nouveau.
Nous repartons avec notre ballotin de 550 gr., 47 euros.
*****
De retour à la maison, et après quelques tests purement scientifiques et totalement désintéressés (bien sûr), le verdict :
le chocolat est craquant, fondant, parfumé, amer sans jamais tomber ni dans l'amertume ni dans le côté poudré des noirs trop noirs ; les ganaches sont très fines, aux arômes subtils, parfois francs, rarement violents (menthe, safran) et sans ce côté beurré qui finit par lasser chez Robert Linxe.
Philippe Pascoët flirte entre l'excessive retenue et la perfection de la réalisation. Sa nature suisse, probablement.
Un très grand chocolatier.
Philippe Pascoët
52 rue Saint-Placide (près de la rue de Rennes)
75006 Paris
[Edit du 13 avril : LA FRAMBOISE ET LE CITRON VERT SONT ORGASMIQUES !!!]
08:50 Publié dans Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : pascoët, chocolat, paris
25/03/2008
Fractions de la quatrième dimension
Jour de semaine, fin de journée. La musique aux oreilles : Jacques Brel. La rame arrive, je monte. Face à moi, pendant quelques instants, je vois... Jacques Brel, époque des Maldives (cheveux mi-longs, raie de côté, ...). Sursaut. En fait non, juste un homme qui lui ressemble beaucoup. L'ouïe et la vue ensemble : l'image devient imaginaire.
Jour de week-end, le coiffeur. Ciseaux, tondeuse, rasoir. Et l'angoisse diffuse au ventre, pendant toute la coupe. La main de la jeune coiffeuse qui n'arrête pas de trembler. Attention ma nuque !
Jour de week-end, le dimanche. Un corps de petite fille de treize mois, habité de peurs, d'angoisses et d'appels. Petit monstre grognant, criant et hurlant. Tout ce qui passe à sa portée se retrouve au sol. Le "diable de Tasmanie" aurait trouvé sa maîtresse. C'est si triste pour la maman, si épuisant pour tous !
Tout cela en si peu de jours : le printemps s'évacue dans d'invisibles sphères en décalage, la réalité se joue en dérapages.
11:24 Publié dans Paris rêvé, vécu, vu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : paris, metro
Ex-action
Lutter contre l'ennui administratif - celui de 9h30-17h -, contre l'inanité du "business", la versatilité des consignes, l'immobilisme des objectifs, la vacuité des enjeux stratégiques.
Le quotidien ouvré s'étale, s'étire, s'étend - tension et résistance élastiques.
Le soir, la vie, trois, unies dans la ville grise d'agressivité, urbaine triste et désirable à la fois.
"Il y a le ciel, le soleil et la mer."
Evader la nuit.
11:17 Publié dans Expéri-mental | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21/03/2008
Le citoyen, l'Etat et la mort (2)
Encore un excellent billet de Maitre Eolas, sur la situation légale actuelle.
A lire aussi, la tribune de Marie de Hennezel dans le Monde, sur les soins palliatifs en France.
[Edit du 27 mars : Et une autre tribune, le 27 mars, d'un professeur de droit (sur l'aspect juridique de la chose, donc), toujours dans le Monde.
Le débat sur le suicide assisté ne peut être pris sous l'angle seul de la souffrance - car la réponse est alors palliative - ni sous l'angle seul d'une "liberté/volonté personnelle" qui s'imposerait à la communauté.
Hors nos égoïsmes et nos peurs les plus intimes, la question reste fondamentale : le droit que j'ai de disposer de ma vie peut-il obliger l'autre à m'aider activement à mourir, autrement dit à me tuer ?]
10:30 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sebire, suicide assiste, euthanasie, etat, loi, humbert, justice
20/03/2008
Le citoyen, l'Etat et la mort
(vrac)
Sous-jacent : même si le citoyen peut agir sur sa vie, et l'interrompre, l'Etat peut, sans empiéter sur cette liberté, considérer que la vie d'un citoyen a une valeur en elle-même et pour la communauté, qui justifie qu'il intervienne pour limiter le plus possible la commission du suicide. L'Etat peut-il protéger les citoyens contre eux-mêmes ? Cf. internement psychiatrique, même si la question de "soi-même" en psychiatrie est non résolue (un psychotique est-il "lui-même" ? -> le "discernement aboli" en droit). Par extension, toute politique de prévention ?
Un citoyen "en bonne santé" peut-il mettre fin à ses jours ? Oui. A la fois dans les faits et dans le droit.
Quel rôle pour l'Etat ? Préventif du suicide ?
Un citoyen malade mais curable peut-il mettre fin à ses jours ? Oui. Idem.
Quel rôle pour l'Etat ? Préventif du suicide, curatif de la maladie ?
Un citoyen malade, incurable et dont on ne peut soulager la douleur peut-il mettre fin à ses jours ? Oui.
Quel rôle pour l'Etat ? Accompagner l'acte de suicide en soulageant la douleur, mais sans intervenir sur l'acte mortel lui-même. Cf. loi Léonetti. Autre problème : cette loi revient à dire que la volonté du malade est constitutive d'une "excuse de suicide" pour les praticiens qui, par un acte physique, interrompront les traitements. "Interrompre les traitements" n'est pas considéré comme un acte directement létal.
Un citoyen malade, incurable, incapable d'agir ? Théoriquement oui, mais il ne peut le faire. Il demandera donc de l'aide.
Quel rôle pour l'Etat ? Est-il un rôle possible de l'Etat qui soit actif, dans l'accompagnement vers le suicide ? "L'excuse de suicide" va-t-elle jusqu'à l'accomplissement de l'acte directement létal ?
Quelle valeur a "la volonté de suicide" au filtre de l'insupportable douleur ? Nécessité d'agir sur la douleur AVANT : le discernement, la volonté ne doivent pas être parasitées.
L'Etat peut-il, doit-il prendre en partie à sa charge le surgissement du Réel (de la mort), en organisant un Imaginaire (social) de l'assistance (et non de l'accompagnement, passif) à la fin de vie reposant sur le Symbolique de la loi ? (*)L'Etat, objet/sujet symbolique par excellence, agissant dans l'imaginaire et protégeant du réel ?
Est-ce son rôle ? La scène du suicide assisté dans "Soleil Vert" est-elle dans le rôle de l'Etat ?
Est-il dans le rôle de l'Etat d'accompagner par le dit législatif le chemin vers l'indicible absolu ? Et si oui, pour quels motifs ? Les dommages collatéraux du réel sur les autres membres de la communauté ? Dans quel objectif social ? Soulager celui qui part et ceux qui restent ? Un soin de confort ??!! Au nom de quoi protéger les autres de dommages en donnant la mort est-il recevable pour le suicide assisté et irrecevable pour la peine de mort ? Le "risque d'erreur judiciaire" n'est pas un argument recevable : un traitement pourrait apparaître plus tard et sauver celui qui voulait en finir, même logique. Donc ce n'est pas une question logique, mais une question de Valeurs. Donc de Sens. CQFD.
Le Sens de l'Etat peut-il aller jusqu'à assister la mort d'un citoyen, sans autre valeur que la volonté de la personne ? Accomplir la volonté d'un citoyen qui est incapable de passer sa volonté en acte est-il dans le rôle de l'Etat ? Version choquante : l'Etat doit-il se substituer aux citoyens pour accéder à leur désir ? Le Désir de l'un peut-il s'imposer comme Loi aux autres ? (**) (hors sujet : tiens, ça rappelle le diptyque Vengeance/Justice) (hors sujet : l'époque est à la toute-puissance...) (hors sujet : la guerre. Valeur : la défense de la communauté = il y a une valeur au niveau de l'Etat qui peut justifier l'intervention de l'Etat sur la vie privée) (hors sujet total : l'IVG. Pose la question de la définition de la "personne". Détecteur de cons : ceux qui feront le rapprochement IVG/euthanasie.)
Peut-on donner la mort par compassion et ne pas en porter le fardeau ? Ou en transférer le fardeau sur la communauté, c'est-à-dire sur tous, en s'imaginant ainsi le diluer, ce qui est faux ? (il n'y a qu'à voir les troubles chez les soldats retour de guerre, alors que la création de sens était présente et répétée au quotidien) (parallèle giraldien : le bourreau, définit par la société comme hors la société à cause de son rôle d'exécuteur des hautes oeuvres pour le compte de la société)
Extension : le "faire sens" judiciaire actuel est-il suffisant pour borner le réel de l'acte meurtrier ? => ce n'est pas une loi sur l'euthanasie qu'il faut, mais une "circonstance atténuante" ? Cf. jugement Humbert. Mais une "circonstance atténuante" impliquerait de définir le cadre dans lequel elle pourrait s'appliquer au juge => encadrer non pas l'acte létal (vous avez le droit de tuer) mais le processus qui conduit le responsable à décider d'agir (vous avez pris le droit de tuer, mais en mettant tout en oeuvre, conformément à la loi, pour vous assurer de n'être que l'agent de la volonté de la personne suicidée). Mouais... Cela dit, les Belges ont raison : la multiplication des étapes de procédure dissout la perception de la responsabilité de l'acte. Mais ça n'est que le cache-misère de l'absence de réponse à la question du rapport de la communauté et du desir de mort individuel.
Le monopole de la violence légale peut-il aller jusqu'à l'assistance au suicide ?
Autre approche : on pourra critiquer "assistance au suicide". L'euthanasie pouvant être vue comme la réparation d'un dysfonctionnement de la personne, qui ne peut elle-même mettre fin à ses jours. Renvoie à la toute-puissance, au désir de l'un comme loi des autres : en quoi/au nom de quoi/pourquoi l'Etat devrait-il se substituer à la capacité défaillante d'un de ses membres ? Illusion de l'égalitarisme à tout crin : s'il en était capable, il le ferait. il n'en est pas capable, l'Etat doit s'en charger -> l'Etat responsable des accidents de la vie ?! On retombe sur l'Etat remède au Réel ? Cf. la pénible rhétorique actuelle sur "le droit des victimes".
(A titre perso : comment articuler "compassion" et "donner la mort" dans une perspective chrétienne ? - hors sujet) (***)
(*oui, lacanien) (** freudien, aussi) (*** et croyant) Quand je vous dis que j'ai mes contradictions...
15:00 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sebire, suicide assiste, euthanasie, etat, loi, lacan, freud
19/03/2008
Audacity of Hope
Je ne me sens pas, pour le moment, capable d'avoir des idées suffisamment claires pour parler de l'effroyable demande de Mme Sebire. [Edit à 23h : Mme Sébire a été retrouvée morte, chez elle. Les questions théoriques s'éteignent, au moins pour quelques heures.]
Je ne vois aucun intérêt à commenter le vide, le creux, l'inanité des joutes post-municipales, la nomination de ministricules dont on espère, surtout pour Nadine Morano, que ce sera l'occasion qu'ils ferment leur gueule et arrêtent de sortir des monstruosités.
Je me tamponne le coquillard de la chute des marchés, que j'ai annoncée depuis deux ans au moins, et dont la rationalité économique - c'est-à-dire ce qu'on ne lit que rarement dans la presse, et ne voit jamais à la télé - oblige à dire qu'elle n'est pas finie.
Les émeutes au Tibet ? Rien ne changera, avec ou sans boycott des JO, pardon, de la cérémonie d'ouverture des JO, une menace propre à faire peur aux dirigeants chinois, n'est-ce-pas... Ils doivent en trembler la nuit.
Mais il y a quelque chose qui m'a impressionné, aujourd'hui.
Je n'ai pas envie d'être ironique, anti-américain, si franco-français, quand je lis l'adresse de Barrack Obama à Philadelphie.
Je ne peux qu'espérer que cet espoir-là n'est pas qu'une envolée lyrique, que les moyens lui seront donnés de vivre et s'épanouir.
Lisez-le, en oubliant l'Irak, les multinationales, Monsanto et le reste.
16:25 Publié dans Des mots m'émerveillent , Détours du monde , Polis, -itis : la Cité , Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, usa, philadelphie, obama
07/03/2008
Abidjan (2)
(le début ici)
La lagune qui divisait la ville est désormais progressivement comblée. Pour commencer, des tombereaux de terre, qui se transforment en champs. Bientôt, c'est certain, des logements et des routes.
Cela donne une étrange allure au réseau actuel : routes surélevées, ponts qui n'enjambent rien de plus que le sol. L'allure en oscille entre la décadence d'un réchauffement climatique accéléré et la folie d'urbanistes amoureux de piliers de béton.
Les taxis rouges filent dans le chaos (et les cahots) des avenues. Ici, il y a des feux tricolores, qui fonctionnent. Mais ici, le soir tombé, la police ou l'armée sort et arrête les voitures - de préférence les taxis - en cherchant tout moyen "légitime" d'imposer une amende - de préférence en liquide et sans reçu. A Douala, on les appelait les "mange-mille" (billets de mille Francs CFA). Ici, pas de surnom, mais des kalachnikovs agressives. Que l'on soit ivoirien ou non n'y change rien.
Ne pas avoir peur de sa propre police : c'est peut-être cela, le confort de nos sociétés pacifiées.
A l'arrière de nombre de ces taxis, un surnom ou un slogan : "Bloffeur", "Sita ma fille aime", "Dieu t'écoute", peint en lettres appliquées, travaillées, presque gothiques, en blanc sur le pare-choc noir.
Une ville africaine : aux immeubles récents de six, sept étages, répondent les abris de tôles, les cases de planches des quartiers pauvres. Il n'y a qu'un pont de distance, et pourtant un monde.
Ici, dès qu'on en a les moyens, on achète une parcelle et l'on construit en dur, en parpaings. Quand les finances sourient à nouveau, on rajoute un étage. Puis un autre, encore un, ainsi de suite. Rues entières d'immeubles aux façades peintes en rez-de-chaussée, inachevés du haut, comme si les immeubles s'évaporaient dans la chaleur humide de la lagune.
10:55 Publié dans Détours du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, afrique, abidjan, cote d'ivoire
02/03/2008
Découvertes musicales (8)
Cela fait quelques temps que je tournais en rond, musicalement.
Et puis, par la grâce de Taratata, et bien que l'émission n'ait plus cette magie de l'époque France 2, deux découvertes. Et une troisième par une simple affiche dans le métro.
Yael Naim. Vous connaissez ce nom, ou au moins la chanson-phare, depuis quelques semaines. Je l'ai entendue pour la première fois il y a plusieurs mois, dans une reprise au piano, époustouflante d'humour et de grâce, de l'insupportable Toxic de Britney Spears. Sur l'album du même nom (le premier qui dit "éponyme", tarte à la crème journalistique au moins aussi agaçante que "concrètement", sort !), une autre version de la même chanson, ou comment changer le plomb en or. La voix est douce, la femme est belle, ou l'inverse. Un album chanté en anglais et en hébreu, magnifique.
Asa. "Fire on the mountain" trace son chemin sur différentes radios. Une voix claire et chaude, un album léger aux influences folk et reggae. Les influences africaines, nigérianes, sont présentes bien que légères, comme une citation - rien à voir avec les scies à la Amadou et Mariam... Des titres en anglais et en yoruba, d'une musicalité tendre et accueillante.
Lizz Wright. Régulièrement, station Champs-Elysées Clémenceau, sur la ligne 13, un panneau affiche les concerts à venir du New Morning ou de la Maroquinerie. Je note les noms des artistes ; de retour à la maison, une rapide recherche sur iTunes et je tente l'écoute. Beaucoup ne me convainquent absolument pas - Renan Luce, Miky Green -, mais la magie opère parfois. C'est le cas avec The Orchard, album bluesy servi par la voix dense et légèrement voilée de Lizz Wright. Parfait le soir, après une longue journée, pour s'abstraire de la violence urbaine.
Et j'ai commandé un iPhone 16Go par une entremise américaine pour pouvoir stocker toutes ces musiques que j'aime (yeah !)...
20:07 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, asa, yael naim, lizz wright
29/02/2008
In-carnet
J'en (encore) perdu un petit carnet Muji.
De ceux qui me suivent partout, sur lesquels je note, ou pas, tout et n'importe quoi.
Et je ne suis pas sûr qu'il sera retrouvé par une hôtesse d'Air France, celui-là (vu que j'ai pris l'avion APRES l'avoir perdu).
Rien de bien grand, ni de très heur(eux). Rien de bien grave.
Mais j'ai l'impression d'une page manquante au milieu du "livre" (livré/délivre/l'ivre, etc.).
*****
Souvenir.
Mes grands-parents m'avaient offert Ivanhoé dans une collection au grammage épais et à la couverture façon début vingtième siècle.
J'avais commencé à le lire.
Chez l'imprimeur, une machine avait dû s'emballer. Quelques pages étaient déchirées.
Je n'ai pas continué.
Je n'ai jamais lu Ivanhoé.
*****
Il a pourtant la possibilité d'un hasard :
mon téléphone dans le carnet.
14:25 Publié dans Voir, entendre, ressentir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris
27/02/2008
La France (des riches malhonnêtes) a peur
Emoi à Neuilly, Megève et au Cap d'Agde.
Coup sur coup, dans un pays pourtant aux mains (d'après les théories gaucho-conspirationnistes en vogue) des défenseurs du Grand Capital, des amis des patrons et des copains des nantis, trois événements jettent le trouble et distillent l'inquiétude dans les heures oisives bien que rémunératrices des rentiers affairistes et des capitaines mafieux d'industries louches.
A Neuilly, heureuse commune sans HLM, une pauvre propriétaire qui, poussée par son trop bon coeur, hébergeait presque gracieusement deux immigrés polonais dans un 9m² aux normes de 1920, est condamnée à six mois de prison après qu'un incendie eut coûté la vie à cinq pompiers.
Si en plus il faut louer des appartements salubres à tous les niaquoués de la terre...
Dans toute l'Europe, à la suite d'une rocambolesque affaire d'achat de fichiers luxembourgeois, le fisc s'intéresse de très très près aux malheureux robin-des-bois défenseurs du revenu âprement gagné, qui, pour éviter les injustes et absurdes ravages du shériff "Impôts" et de ses deux acolytes "ISF" et "TVA", n'ont eu d'autre solution que de placer leur argent entre les mains supposées avisées de banquiers allogènes.
Si en plus il faut nourrir les pauvres et les fonctionnaires avec nos impôts...
Dans toute la France, les plus grandes multinationales de produits ménagers sont sous le coup de descente d'une chienlit financière à écusson "RF", accusant ces fleurons de l'industrie mondiale d'entente et de cartel.
Si en plus il faut respecter les règles de la concurrence pour faire plaisir aux pauvres cons-sommateurs...
Ploutocrates, deux-cents familles, initiés et émules de Stavinsky, craignant le grand soir fiscal, poussent un cri unanime : "Vraiment, ce pays marche à l'envers", avant de retourner se réfugier dans le silence et la peur.
Et, espérons-le, la honte.
Mais j'en doute.
(et moi, je trouve tout cela d'une ironie cinglante)
13:17 Publié dans Polis, -itis : la Cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note









